Corvec – Spleen Tropical

Construit sur des boucles de trip-hop de grande qualité mêlant des cordes mélancoliques, des basses sombres et élégantes, c’est le premier EP du Réunionnais Corvec.

L’originalité de ce trip-hop vient du mélange du spoken words en français, d’ordinaire plutôt casse-gueule, et des basses somptueuses et massives qui grondent comme un magma souterrain dans chacun des morceaux. Une musique sensuelle, libidinale qui convoque les fantômes de Serge Gainsbourg, Röyksopp ou de Terranova, époque Close the Door.

Si des morceaux plus naïfs comme Sakamaché et ses paroles enfantines vous laissent de marbre, en écoutant Brillanteen, sans aucun doute le plus beau morceau de cet EP, vous aurez beau vous refuser à l’appel de l’océan, à la salubrité de l’eau, au refuge de l’ivresse, à la nostalgie des amours passés, vous serez happés par ce maelström mélancolique.

 

À l’issue de ce morceau, on ressort convaincu qu’il pourrait durer le temps que le soleil et la lune se passent le relais et reprennent leur danse, c’est-à-dire infiniment. Et ce peu importe où l’on se trouve sur terre.

Le spleen insulaire n’a rien à envier au spleen citadin ou rural.

Corvec — ou quand la musique mêle tristesse élégante et espoir fulgurant — s’écoute, ne se consomme pas.

À noter : Corvec sera en concert le 16 juillet à Nantes. Sur scène, il est accompagné de la chanteuse Marie Lanfroy et du vidéaste Pierre Moulin.

Chronique Vincent Daenen

 

 

 

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